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La vague française de 1954:

La page d'accueil concernant les cas de la vague française de 1954 se trouve ici.

15 OCTOBRE 1954, SINCENY, AISNE:

Référence pour ce cas: 15-oct-54-Sinceny. Merci de citer cette référence dans toute correspondance avec moi en rapport avec ce cas.

RAPPORTS:

[Ref. 1686] JOURNAL "LE FIGARO":

M. Ruant, cultivateur à Sinceny (Aisne) était occupé, la nuit, à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était un voisin, M. Faisan. Ce dernier a déclaré à la police: "J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré." M. Faisant sera poursuivi, malgré sa bonne foi.

[Ref. 1053] JOURNAL "LA REPUBLIQUE DE TOULON ET DU VAR":

ATTENTAT MANQUE
CONTRE
UN FAUX MARTIEN

Lille, 16 octobre. -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne) a bien failli être victime de la panique que cause à certains l'apparition des soucoupes ou autres objets volants. Hier soir il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant, M. Faisan. Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière des phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré".

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

[Ref. 325] MAGAZINE "RADAR":

Trois candidats au
MILLION.

FEU SUR LA MARTIEN!

[illisible]

NOTE:

Le "million de radar" était un concours lancé par ce magazine, qui promettait un million d'anciens francs à quiconque leur livrerait un martien.

[Ref. 1754] R. COMBALDIEU, DOCTEUR EN DROIT:

R. Combaldieu, Docteur en Droit, Substitut du procureur général près la Cour d'appel de Paris, Membre de la Commission d'Etudes pénales législatives, a publié un article intitulé "Soucoupes volantes, Martiens et ... Droit pénal" le numéro d'octobre-décembre 1954 de la Revue de Science Criminelle et de Droit Pénal Comparé.

Il y traite de la question juridique de savoir s'il est assimilable, au regard de la loi pénale de tirer un coup de feu sur un "Martien".

Il note d'emblée que si la question peut sembler être de la fantaisie ou de la science fiction, sans application pratique, mais ce n'est justement pas le cas du fait de l'affaire de Sinceny.

Il semble que la qualification retenue ne lui ait pas été connue, et puisque aucune blessure n'a été occasionnée, il évoque comme possibilité la tentative de meurtre, ou quelque chose de l'ordre d'un délit de chasse, ou que les faits n'ont aucune qualification ce qui exclurait toute poursuite.

Abordant ce que peut être l'influence de l'erreur de fait sur la responsabilité pénale en général, il conclut que le tireur a voulu l'action mais pas ce qui en a résulté effectivement c'est à dire d'avoir presque blessé ou tué un homme.

Il note que la responsabilité du tireur peut être engagée si l'on peut montrer qu'il y a une négligence ou une imprudence commise dans le fait de ne pas s'être assuré de ce sur quoi il tirait, et que dans ce cas de figure, l'erreur étant la négation de l'intention, on ne peut plus parler de délit intentionnel.

Il note qu'il y a bien une erreur dans ce cas, que ce n'est pas pour tirer sur son voisin qu'il a commis l'acte si l'on en croit les comptes rendus, mais bien en croyant avoir affaire à un martien, sans que toutefois cela ne puisse faire disparaître sa responsabilité pénale.

Il note que le tireur a voulu "tuer Paul et à tué Pierre", mais que cela n'est pas dans le cadre d'une erreur de tir, il voulait bien tuer Pierre, ce qui dans l'intention correspond toujours à une intention de meurtre.

Ceci amène naturellement à une discussion de la question évidente: sa tentative d'homicide volontaire a un sens clair s'il avait voulu tuer un être humain, mais quel en est le sens puisqu'il a voulu tuer un Martien?

Il doit en effet être jugé pour avoir voulu tuer un Martien, et non pas pour avoit voulu tuer un homme.

Ceci amène les réflexions suivantes: peut-on assimiler un Martien à un homme alors que l'on ne sait pas ce qu'est un Martien? Peut-on faire cette assimiliation si le martien est anthropomorphe (on dit aujourd'hui "humanoïde")?

Il conclut par la négative: "humain" vient de homo et est apparenté à humus, terre. L'humain est proprement terrestre, par opposition aux créatures célestes. Le MArtien pourrait être prononcé comme un être nécessairement adapté aux conditions physiques du milieu dans lequel il vit, et également comme un être évolué, avec une raison et une intelligence, puisqu'il a pu inventer et utiliser des engins spatiaux pour venir chez nous (non sans humour il note que ce n'est pas réciproque).

Mais il conclut: "Il n'en demeure pas moins que toute assimilation du "Martien" à l'humain serait purement gratuite, faute d'être démontrée et comme telle sans valeur, dans une matière où tout argument d'analogie doit être banni."

Il cite le propos du professeur Oberth, inventeur de la fusée V-2, qui avait été diffusé dans la presse sous forme naïve: Oberth avait expliqué que les Martiens ou d'autres extraterrestres sont peut-être aussi différents de nous qu'un végétal est différent d'un animal, et les journaux avaient titré que selon Oberth, les Martiens sont des plantes!

De par cela, il démontre qu'il y a dans ce problème juridique un éclatement total des concepts et du cadre pour lequel nos lois avaient été conçues.

Il condamne le geste du tireur: l'existence de "Martiens" n'ayant pas encore été démontrée même si à ce moment de plus en en plus de gens y croient, ce qui aurait été motif d'internement en asile psychiatrique quelques mois plus tôt, pour lui le tireur aurait dû se dire: "Si celui que je prends pour un Martien n'était par hasard qu'un vulgaire humain, je ne dois pas tirer avant de vérifier."

Pour les besoins de la discussion, il prend alors l'affaire dans le sens d'un délit de chasse. Mais il faudrait alors assimiler les Martiens à des animaux nuisibles ou dangereux, "alors qu'ils se sont révélés aimables et même tendres, à en croire certains témoins !" Il évoque également la motivation du tir, qui n'est pas connue ou ne lui est pas connue: est-ce la peur, une réaction de défense contre le Martien pensé comme dangereux, ou est-ce une tentative de neutraliser le Martien quitte à le priver de la vie afin de s'en emparer, d'obtenir une preuve?

Au-delà des aspects humoristiques de la discussion juridique de l'affaire, il note bien que le tireur, "manquant totalement de la plus élémentaire courtoisie interplanétaire, a risqué, par son geste inconsidéré, de déclencher la plus incroyable guerre des mondes."

[Ref. 411] MICHEL CARROUGES:

L'auteur rapporte dans son chapitre consacré aux confusions lors de la vague française d'OVNIS de 1954 qu'à Sinceny dans l'Aisne, une confusion grave a abouti à un coup de fusil sur un voisin, selon le Journal du Dimanche du 17 octobre 1954. L'auteur du coup de fusil avait déclaré:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluer dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Le Martien visé était en fait Maurice R., qui était occupé à réparer une banale automobile dans un pré voisin de chez lui. Heureusement, les plombs du fusil de chasse du tireur, M. F., ont seulement touché l'automobile.

[Ref. 312] GERARD BARTHEL ET JACQUES BRUCKER:

Les deux auteurs citent ce cas de confusion en indiquant le contenu d'une dépêche de l'AFP:

[Ref. 812] DOMINIQUE CAUDRON:

A Sinceny (Aisne), un certain M. Faisant tira sur un "martien" qui réparait sa soucoupe, mais se révéla n'être que son voisin qui réparait sa voiture.

EXPLICATIONS:

Confusion, connue pour telle à l'époque.

MOTS CLES:

(Ces mots clés sont uniquement destinés à aider les recherches et ne préjugent pas des faits.)

Sinceny, Aisne, confusion, martien, humanoïde, route, voiture, soucoupe, lumière, fusil, droit, loi, justice

REFERENCES:

[-] indique des sources que je n'ai pas encore pu consulter.


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Cette page a été mise à jour le 20 mars 2006