La page d'accueil concernant les cas de la vague française de 1954 se trouve ici.
Référence pour ce cas: 22-sep-54-Dôle. Merci de citer cette référence dans toute correspondance avec moi en rapport avec ce cas.
[Ref. bb1] GERARD BARTHEL ET JACQUES BRUCKER:
Les deux auteurs indiquent qu'ils ont parlé au témoin de l'observation du 22 septembre 1954 à Dôle qui leur a décrit avoir vu vers 20 h 30, une lueur fugitive, très lumineuse qui traversa le ciel sans s'arrêter avec une trajectoire rectiligne.
Les auteurs citent ensuite un article du journal "Le Bien Public" du 25 septembre 1954, qui selon eux n'a pas respecté la description de ce témoin en déCrivant l'observation "avec force détails":
"Deux jeunes Dôlois qui se trouvaient dans le jardin Philippe ont été témoin d'un phénomène étrange. Voici ce qu'a déclaré l'un d'eux, Jacky Chapoutot, 17 ans, demeurant à Dôle: "Je me promenais dans le jardin Philippe, accompagné d'un camarade, André Lacour, 21 ans, élève au collège moderne technique de Dôle. Soudain notre attention fut attirée par un bruit étrange semblable à un sifflement. Levant les yeux nous aperçûmes dans le ciel une vive lueur de couleur verte venant du Nord-Est, se dirigeant vers le Sud-Ouest. Cette apparition qui avait la grosseur d'un ballon de football était suivie d'une traînée incandescente. L'objet passa à vive allure et disparut. A peine étions nous revenus de notre surprise que l'engin apparaissait à nouveau au-dessus de Dôle. Il resta immobile à hauteur du grand pont environ 4 secondes durant lesquelles nous distinguâmes nettement sa forme sphérique, puis il repartit brusquement du côté où il était venu."
Barthel et Brucker sont comme d'habitude très étonnants et peu désireux apparemment de ne pas ajouter de confusions dans ce récit qui aurait pu être simplement éclairé si effectivement ils ont parlé au témoin et s'ils avaient pris la peine d'en extraire un compte rendu d'enquête en bonne et due forme, compte rendus d'enquêtes par ailleurs totalement absents de leur livre.
Ils suggèrent que le récit dans le journal ne correspondrait pas à celui du témoin. En réalité, ce qui apparaît, c'est que la premier phénomène observé est décrit de la même manière dans le journal et dans les propos qu'ils attribuent au témoin: d'une part "une lueur fugitive, très lumineuse qui traversa le ciel sans s'arrêter avec une trajectoire rectiligne" et d'autre part "une vive lueur de couleur verte venant du Nord-Est, se dirigeant vers le Sud-Ouest, qui avait la grosseur d'un ballon de football était suivie d'une traînée incandescente", "passa à vive allure et disparut." Dans les deux cas nous avons la description identique d'un météore.
Ils accusent le journal d'ajouter "force détails" (tandis qu'ils reprochent le manque de détails des comptes-rendus de presse par ailleurs). Mais en fait, le premier détail "ajouté" est celui du son étrange de sifflement. Il est au contraire parfaitement possible que si les témoin ont bien assisté à l'entrée dans l'atmosphère d'une grosse météorite, ils ont pu aussi bien entendre un bruit étrange. Les spécialistes des météores ont parfois encore tendance à penser qu'il est impossible d'entendre une météorite traverser l'air puisque la vitesse du son dans l'air est incroyablement inférieure à celle du météore. Pourtant, il existe de très nombreux cas de témoins de météores qui disent avoir d'abord entendu un son étrange ou des sons étranges, et ont alors seulement regardé dans le ciel justement à cause de ces sons, et y ont vu un météore. C'est le spécialiste australien Colin Keay qui a résolu l'énigme: le météore ionise l'air et cela crée des ondes radio basse fréquence, qui elles, arrivent aux environs des témoins quasi instantanément puisqu'elles voyagent à la vitesse de la lumière. Le seul problème était qu'en principe, on n'entend pas d'ondes radio avec les oreilles. Mais Keay a mis en place toutes sortes d'expériences pour résoudre ce mystère et en 2001, a remarqué que de telles ondes radio font vibrer toutes sortes de matériaux, comme par exemple du papier aluminium, des aiguilles de sapin, des cheveux frisées etc. Ce sont ces sons, souvent étranges, variant même d'une personne à l'autre, que les témoins peuvent percevoir avec leurs oreilles.
L'autre détail que le journal aurait "ajouté" est celui de la traînée. Il est évident qu'ils en ont probablement vu une, et que Barthel et Brucker ont peut-être simplement omis d'interroger sérieusement ce témoin.
D'autre part, les témoins disent que l'objet est de nouveau apparu. Mais cette fois, il a une forme sphérique, n'a plus de traînée, et repart "du côté où il était venu." Cela ne peut évidemment pas être un météore, ni le météore qu'ils venaient de voir. C'était autre chose, qui reste non identifié. Il est possible que ce soit un embellissement du journal, mais le manque de Barthel et Brucker à indiquer exactement ce que le témoin à dit et quelles questions ils ont posées ou oublié de poser est la raison pour laquelle on ne peut guère savoir ce qui s'est passé exactement.
Et finalement, il semble que ni les témoins ni le journal n'aient explicitement parlé de soucoupe volante, et que ce cas là soit totalement absent de la casuistique ufologique, Barthel et Brucker étant les seuls à l'y introduire à ma connaissance. S'agit-il encore une fois de leur part de leur bonne vieille tactique sceptique qui consiste à ajouter aux OVNIS des non-OVNIS ou des phénomènes naturels pour mieux convaincre leur lecteurs que tout OVNI est un phénomène naturel banal ou autre farce?
De fait, ils écrivent bel et bien que ce cas démontre que tous les autres cas du 22 septembre 1954 sont des observations de ce même météore. Je les cite: "Nous avions le 22 septembre 1954, 10 observations "d'OVNIS"; nous n'avons plus rien, nous avons pu par une simple enquête identifier les objets volants qui ne l'étaient pas!"
Météore, et peut-être avion par la suite.
(Ces mots clés sont uniquement destinés à aider les recherches et ne préjugent pas des faits.)
Dôle, Jura, Jacky Chapoutot, André Lacour, rapide, lumineux, traînée, son, vert
[---] indique des sources que je n'ai pas encore pu consulter.